MEGALOPOLIS
FRANCIS FORD COPPOLA
N’étant ni Dieu, ni César mais juste vous, monsieur Coppola, je vous demande de bien réfléchir… car le monde que vous allez laisser derrière vous d’ici quelques années, personnellement, il me reste une vie pour le parcourir. Alors disparaissez, partez sur votre île et abandonnez les caméras, merci, au revoir, ou peut-être adieu Francis Ford Coppola !

​Tout à une fin : les histoires, les Hommes, le temps et visiblement le talent de Maître Coppola.​
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Bien que recherché, extrêmement référencé et cultivé, l'œuvre, qualifiée d’une vie ressemble plus à une critique sociale d’un vieil oncle excédé par le monde dans lequel il vit.
En prônant la procréation, les écoquartiers, l’Amérique et les êtres humains, j'y vois plus une idée plutôt républicaine, d'un monde dépassée regrettant les grandes guerres et ignorant les problèmes actuels comme le réchauffement climatique. Alors Francis, tes leçons de professeur d’Histoire du collège Saint-Joseph de Versailles, tu peux te les garder, on connaît déjà, merci.
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Ce marasme donne Megalopolis, dystopie en kaléidoscope d’un New-York post-moderne. Tout y passe, tout y est, rien ne manque, ça brille, ça pète, ça explose, on va même jusqu’à arrêter le temps. Car à la cantine de Francis tout est permis ! Mais tonton Coppola n’a-t-il pas eu les yeux plus gros que le ventre ?
Certes, le film ne manque pas d’audace, mais étant bien trop lourde, elle reste sur l’estomac et ressort fort indigeste.
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Outrancier de A à Z, où plutôt de M à S… On se demande bien ce qu’est venue faire là cette brillante troupe d’acteurs, si ce n’est l’orgueil de pouvoir dire “J’ai travaillé pour…” Oh non, encore un coup de cette vilaine mégalomanie !
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Et à ce jeu, Francis excelle, n’hésitant pas à nous décrire sa vision du monde pour éviter le déclin. Toujours bon historien, il nous dicte l’idée d’un nouvel ordre, plaçant sa parole sacrée au-dessous de tous, nous pauvres mortels.
Il nous révèle en effet, quel est le bien, quel est le mal, et au milieu de cette léthargie de blagues vaseuses, va même nous rappeler le rôle de la femme : faire-valoir d’homme de pouvoir. Dans une ère post me-too, merci Francis de remettre les points sur les I et les barres sur les T, ça ne nous avait absolument pas manqué !
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Bref, méta-forme, dépassé à l’écriture, nauséeux dans son montage : Megalopolis, un film sans queue ni tête qui nous rappelle parfois que l’abstention prévaut mieux qu’un gros égo.
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En attendant que ce truc devienne un chef d'œuvre dans les prochaines générations, dixit ce bon vieux Coppola, je vous laisse libre de choisir quel principe de vie vous tirerez de sa bible.
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Bisou, Bonsoir.
Ecrit par Juliette Chéron - 25/09/24
