EO
JERZY SKOLIMOWSKI
Hellooooo ou devrai-je dire Hi-hannnnnn les beautés 🎀
Sort enfin cette pépite cannoise qu’est EO, le nouveau long-métrage de Jerzy Skolimowski.
Une bouffée d’air pur, un humour fin et intelligent, une apparition d’Isabelle Huppert en comtesse italienne et un âne à croquer, que demander de plus? 🕺🏼
On court au cinéma les choux 💋

Jerzy Skolimowski est de retour après 7 ans d’absence et nous livre ici l’histoire de EO, un ane, une magnifique adaptation de Au Hasard Balthazar de Robert Bresson.
Le monde est un lieu mystérieux, surtout vu à travers les yeux d'un animal. Sur son chemin, EO, un âne gris aux yeux mélancoliques, rencontre des gens bien, d'autres mauvais et fait l'expérience de la joie et de la peine, mais jamais, à aucun instant, il ne perd son innocence.
Dans une mise en image tant linéaire que subjective et ponctuée de rouge, Skolimowski nous plonge dans une métaphore à la fois drôle et terrifiante sur l’Homme et son caractère social. En effet, peut importe les personnages qu’EO rencontrera dans cette aventure, la bête considérée comme idiote dans l’imagerie populaire, devient ici l’image de la pureté et de l’innocence face à la bêtise humaine. Une ironique inversion des rôles où la mise en parallèle questionne l’Humanité, et où l’animal n’est plus de compagnie mais l’égale de l’Homme.
Un film politique et social, nous offrant un panel de protagonistes joyeusement interprété par un casting international ; Et que dire de cette soudaine scène hors du temps, noyé dans la folie avec une isabelle huppert en comtesse italienne hystérique, qui nous prend par surprise et vous fera rire à gorge déployée.
L’ajout brillant de Skolimowski sont des séquences, pouvant être vu comme des apartés, quasi monochrome à la couleur rouge prédominante, qui nous offre le loisir de réfléchir sur les outils créés par l’homme pour se détruire lui-même et son environnement avec. EO est un film écologique qui dénonce aussi bien la déforestation que la violence animale, et nous invite à porter attention aux choses simples que nous ne savons plus observer et quel intelligence de le nous le mettre à vue que de nous les montrer à travers les yeux d’un âne.
Prix du jury de Cannes, EO fut aussi un de mes coups de cœur de ce festival. Skolimowski réalise ici un film à taille humaine porté par les épaules d’un âne, le tout traité avec beaucoup d’humour et de second degré, en reprenant les codes du cinéma d’auteur au service d'idéaux écologiques, apportant un air frais sur la manière de porter la cause au cinéma.
Bisou, Bonsoir
Ecrit par S. - 18/10/22
