LES CRIMES DU FUTUR
DAVID CRONENBERG
1970
Si vous ne savez quoi faire pendant une heure, au lieu d’aller dans votre galerie marchande ou autres Body Minute, occupez-vous l’esprit avec un film des plus intéressants:
Crimes Of The Future (1970) de David Cronenberg.
Je vous laisse déterminer les nombreuses questions soulevées dans ce film et imagine déjà le prochain cour magistral de la Femis sur une étude comparative des deux Crimes Of The Future de notre Crocro préféré.
Disponible en intégralité sur YouTube les chéri(e)s alors go watch it now! 🎥

Filmer l’humain, sa biologie et sa psychologie, tel est le credo de David Cronenberg depuis son premier film. Alors que sortait Il y a quelques semaines, Crimes Of The Future, un thriller futuriste sur fond de freak show organique, le réalisateur imaginait déjà en 1969 l’évolution humaine dans un film éponyme.
Dans un 1997 fantasmé, une mystérieuse épidémie a causé l’extinction du genre féminin forçant le masculin à une nouvelle évolution génétique et biologique. Les Hommes commençant eux aussi à être touchés, Adrian Tripod, directeur d’une clinique spécialisée en pathologie dermatologique pour riches, s’interroge sur l’origine de cette mystérieuse “maladie rouge”.
À première vue étrange, ce film expérimental ne l’est pas, bien au contraire : images, décor, mise en scène, tout est épuré afin de se concentrer sur l’essentiel : son propos. Seule la voix off d’Adrian Tripod apparaît associée à une bande son faite de bruits océaniques.
Cronenberg présente via le personnage d’Adrian, la désorientation mentale d’un homme à part dans un monde nouveau, où les codes sociaux ont dû être chamboulés pour s’adapter à l’évolution.
La maladie rouge, nom emprunté au savant Antoine Rouge ancien mentor d'Adrian et première victime masculine de la pathologie, se caractérise par des secrétions de fluides par des zones érogènes du corps, créant une inversion biologique du genre et un écoulement sanguin buccal, pouvant être interprétée comme les nouvelles menstruations.
Métaphore rêvée de la transition et du genderfluid, la maladie devient un objet de désir et d’obsession pour Adrian : réminiscence d’un passé perdu ou fascination darwinienne de l’évolution ?
Crimes Of The Future est une analyse fantastique et avant-gardiste pour l’époque sur les questions d’identité et de genre, mais au-delà, une critique sociétale d’une évolution humaine vue à sens unique, signant son obsolescence.
À voir, revoir, mâcher et ruminer : nourrissez-vous de la substantifique moelle qu’offre le Professeur Cronenberg.
Pour mes petits chéris qui le désirent, Crimes Of The Future version seventies est disponible gratuitement sur Youtube.
Bisou, bonsoir.
Ecrit par J. & S. - 01/05/22
