TRIANGLE OF SADNESS
RUBEN OSTLUND
ALERTE PÉPITE ❤️🔥
Quoi? Comment? Tu n’es pas encore allé le voir? Mais qu’attends-tu?
Après l’avoir applaudi mille fois à Cannes, c’est à ton tour ma crevette! 👏🏼👏🏼👏🏼
Audacieux, engagé, drôle à souhait et parfaitement bien écrit et filmé!
Tu n’as même pas à hésiter chéri(e) 💋

Vous désiriez cette Palme d’or ? Et bien la voici! Triangle Of Sadness, le nouveau long-métrage de Ruben Östlund vous sert les sept péchés capitaux sur un plateau en or serti de diamants. À ceux qui ont peur d'affronter leur reflet dans le miroir ou de s’avouer ses pires péchés, ce film vous bousculera plus qu’un autre, vous fera peut-être vomir et j’en serai la première ravie.
Après la Fashion Week, Carl et Yaya, couple de mannequins et influenceurs, sont invités sur un yacht pour une croisière de luxe. Tandis que l’équipage est aux petits soins avec les vacanciers, le capitaine refuse de sortir de sa cabine alors que le fameux dîner de gala approche. Les événements prennent une tournure inattendue et les rapports de force s'inversent lorsqu'une tempête se lève et met en danger le confort des passagers.
Par le passé, Östlund nous a prouvé qu’il était un scénariste hors pair et il s’impose ici en apôtre du genre. De l’histoire aux personnages, l'écriture de ce film marque bien l’imagination et l’audace qu’il manque aux cinéastes de nos jours. Chaque image, décors, protagonistes et la musique s'assemblent harmonieusement pour créer ce monstre cinématographique qui étouffe le spectateur dans son propre mal-être et le renvoie à sa propre vanité.
Le récit qui fait naître ses personnages haut en couleur est poussé au 10ème degré, et c’est ce qui fait de ce film une psychanalyse de l’être et de l’Homme. En effet, il traduit parfaitement l’expression de Hobbes: “Homo Homini Lupus Est” car l’Homme est bien le pire ennemie de son semblable, et c’est ce qui transparait le plus après le visionnage de Triangle Of Sadness. Ruben se place, avec désir et envie, en bourreau, prêt à torturer chaque humain face à ses vices et vertus. Telle une étude biblique ou une analyse philosophique, cette œuvre pousse chacun dans ses retranchements et brise la barrière de l’intimité à son paroxysme où tout le monde peut s'identifier, s’approprier chaque trait et caractère des différents personnages.
Et tout commence par cette introduction au sein d’un défilé de mode où par l’humour et le génie du réalisateur, on se questionne déjà sur notre rapport à l’image, l’argent et la beauté. Car en vérité qu’est-ce que nous cherchons à aimer? Qu’est-ce ce que nous cherchons à détester? Et en quoi l’art a-t-il le plaisir de nous plonger dans cette dualité avec une grande perplexité? Cela s’étire et se répand au fur et à mesure de l’action et de l’histoire où le caractère sociale, politique et culturel qui nous correspond et qui nous fait évoluer, s’affrontent jusqu’à exploser.
À l’image, comme chez Pasolini, Ruben Östlund nous montre l’horreur et le dégout de soi à l’aide des représentation les plus simple, les plus impertinantes, de celles qui nous répugnent : vomi, merde, bétises et humour noir. Du couple d’influenceurs au milliardaire russe, passant par la responsable des sanitaires d’un bateau de croisière, les personnages forment à eux seuls une société représentative de la nôtre qui vont faire basculer le film au point d’en recréer l’origine et la fondation de notre monde ; Une métaphore de l’histoire en commençant par le récit d’Adam et Ève, puis par les Hommes des cavernes, la découverte du feu et la création du nucléaire. Tout y est, tout ce bouscule et font de ce film un genre de triangle des bermudes du cinéma et de l’humain.
Je ne pourrais que rendre hommage à Charbi Dean dans le rôle de Yaya, décédée il y a peu, qui nous livre une magnifique interprétation. J’aimerai aussi saluer celles et ceux qui l'accompagnent dans le film tels qu’Harris Dickinson, Woody Harrelson, Dolly De Leone ou encore Zlatko Burić. Pour le reste, je ne peux que vous recommander vivement d’aller voir ce film, cette palme bien méritée. Alors Habemus Papam! Habemus Östlund! Amen.
Bisou, Bonsoir.
Ecrit par S. - 28/09/22
